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CLIN D’ŒIL DU NIGER

CLIN D’ŒIL DU NIGER

CLIN D’ŒIL DU NIGER est une tribune d'animation critique de l'actualité politique africaine. Elle met un point d'honneur à la défense de la démocratie et des droits humains. Elle se propose d'assurer une veille citoyenne en livrant des appréciations empiriques des décisions politiques susceptibles d'entrer en collision avec la normalité démocratique et les droits fondamentaux des citoyens.


LA SÉPARATION DES POUVOIRS, UNE FIN DE NON RECEVOIR CHEZ ISSOUFOU?

Publié par Maitre Bachir sur 18 Septembre 2017, 06:12am

Toutes les protections, que la société avait légitimement placées pour assurer sa sauvegarde, sont tombées les unes après les autres: Cour constitutionnelle, Cour de cassation, Cour des comptes, Conseil d'Etat, Cour d'appels, Tribunaux ordinaires et Tribunal militaire. A cela s'y est ajouté la coordination ( qu'il a fallu rétablir contre toutes les règles de droit où se pratique enlèvement, séquestration, détention arbitraire et tortures...). 

C'est un vent de laxisme qui souffle encore sur notre système judiciaire. Les juges se sont mis à regarder impuissants les décisions politiques qui les dédiassent des affaires les plus délicates. Sans doute veut-on faire passer le vice pour la vertu. 

Ce sont des années de ruines et de dégradations de notre société du fait d'une série de mesures politiques dans les affaires judiciaires. 

Une observation simple peut en tout cas être faite: depuis que ISSOUFOU est élu le malaise dans le fonctionnement de la justice a augmenté le premier quinquennat, et plus encore ce début de second mandat. 

C'est une de ses erreurs majeurs de vouloir pousser l'outrecuidance en nommant des personnalités hautement politiques à des fonctions hautement juridictionnelles. Erreur morale et erreur politique que de transférer le conseil supérieur de la magistrature au palais de la présidence. La peur qui couve déclenchera immanquablement des réactions incontrôlées dont nous avons déjà une idée avec ses mesures liberticides qui se multiplient. Je crains qu'à la longue, le juge ne soit sommé de rendre ses décisions au cabinet du garde des sceaux.  

La justice gardienne des libertés individuelles et publiques n'assurent plus son rôle t de ce fait n'assure plus la sécurité des citoyens. Et en n'assurant plus la sécurité des citoyens, l'Etat rompt une des conditions essentielles, la première peut-être, du contrat qui le lie aux citoyens et qui justifie son existence. 

Pour s'assurer l'impunité, on demande au ministre des finances d'assurer la reddition des comptes dont il était l'ordonnateur. Ainsi la théorie du "ministre-juge" est confortée dans la 7eme République. Avec des telles mesures, nous sommes un pays fauché, probablement jusqu'en 2021 grâce à M. ISSOUFOU, en espérant qu'en 2021 les rênes de l'Etat tombent dans des mains moins défaillantes que les siennes. 

L'erreur c'est aussi de croire ou de faire croire qu'on sert la cause de la liberté en exposant les honnêtes gens aux agressions quotidiennes. C'est servir plutot la liberté des délinquants à col blanc. 

Non content d'avoir détruit la plupart des moyens de droit assurant la sécurité démocratique, M. ISSOUFOU a décidé d'assurer une protection évidente à certains de ses compagnons. Ceci d'autant plus que par certaines mesures préjudiciables à l'indépendance organique de la justice, les magistrats oublient qu'ils sont jugés. 

L'Etat est par la force des décisions illégales et illégitimes, devenu le nouveau juge. Et puisque nous sommes à l'ère du socialisme, je termine avec cette citation de M. François MITTERAND dans son ouvrage, le coup d'Etat permanent lorsqu'il affirme que "un régime se définit d'abord selon la manière dont il traite le pouvoir judiciaire".

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